débander

débander

1. débander [ debɑ̃de ] v. <conjug. : 1>
• fin XIIe; de dé- et bander; cf. 1. bande
1 V. tr. Ôter la bande de. On lui débanda les yeux.
2Pronom. Se relâcher, se détendre. Son arc s'est débandé.
3 V. intr. (1690) Fam. Cesser de bander, d'être en érection. Ça fait débander : ça gâche le plaisir, le désir.
Cesser d'être en action. « il avait repris tout son souffle ... Il débandait plus » (Céline ). Loc. fig. Sans débander : sans interrompre son effort.
⊗ CONTR. Bander. débander 2. débander [ debɑ̃de ] v. tr. <conjug. : 1>
• v. 1559; de dé- et 2. bande; d'apr. it. sbandare
Vx Mettre (une troupe) en désordre, disperser. Littér. « Ce n'était point de la troupe, mais des hordes débandées » (Maupassant).
Mod. SE DÉBANDERv. pron. Rompre les rangs et se disperser. L'armée se débanda devant l'ennemi. En se débandant : à la débandade.
⊗ CONTR. Former, rallier, rassembler.

débander verbe transitif Enlever une bande ou un bandage d'une partie du corps, d'une plaie : Débander un poignet blessé. Détendre ce qui était tendu avec effort : Débander un arc.débander verbe intransitif Populaire Cesser d'être en érection. ● débander (expressions) verbe intransitif Populaire Ne pas débander, ne pas cesser d'être actif, de faire des efforts.

débander
v. tr.
d1./d Enlever la bande, le bandage de. Débander une plaie. Débander les yeux de qqn.
d2./d Détendre ce qui est bandé. Débander un ressort.
————————
débander
v.
d1./d v. tr. Vx Mettre en désordre, disperser (une troupe).
d2./d v. Pron. Se disperser en désordre. L'armée s'est débandée dès le début de la bataille.

I.
⇒DÉBANDER1, verbe trans.
A.— [Le compl. d'obj. désigne une bande, un bandeau] Ôter une bande, un bandeau (cf. bander A). Débander les yeux. Il ne répondit pas, débanda les plaies, les examina en silence, tira des fioles de sa poche et refit un pansement (ZOLA, Débâcle, 1892, p. 622).
Arg. Débander. ,,Perdre ses bandes molletières; 125e Inf., 1915 (M. Cohen); — se défaire, parlant des bandes molletières; 109e Inf., 1916 (J. Demeure)`` (ESNAULT, Notes complét. Poilu, 1956).
B.— [Le compl. d'obj. désigne un métal, un arc, une voix, etc.] Détendre ce qui est bandé (cf. bander B). Débander un ressort. Les Parthes, débandant leurs arcs, exhortèrent les Romains à passer paisiblement (MICHELET, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 317).
Au fig. Le délassement de sa besogne formidable [de Sylla] (...) ne consistait en aucune débauche, qui eût débandé ou distrait sa volonté (L. DAUDET, Sylla, 1922, p. 228).
Absol., vulg. ,,Cesser d'être en érection`` (CARABELLI, [Lang. pop.]).
Prononc. et Orth. :[], (je) débande []. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. Fin XIIe s. desbender « débarrasser (quelque chose) d'un bandeau, d'une bande » (Aliscans, éd. E. Wienbeck, W. Hartnacke et P. Rasch, 5386); XIIIe s. [ms.] (Renart, éd. M. Roques, 2143 var. H); 2. 1459-60 « détendre une arbalète » (A. N. JJ 190, f° 111 ds GDF. Compl.); 1601 se débander au fig. « se relâcher [en parlant de l'esprit] » (P. CHARRON, Sagesse, 1, 15 ds LITTRÉ); 1690 « cesser d'être en érection » (FUR.). Dér. de bander; préf. dé-. Bbg. GRIMAUD (F.). Pt gloss. du jeu de boules. Vie Lang. 1968, pp. 112-113.
II.
⇒DÉBANDER2, verbe trans.
A.— Mettre une troupe, une bande, un groupe en désordre. Le mâle ainsi renié, furieux, essayait de le débander [le clan] (GENEVOIX, Dern. harde, 1938, p. 126).
Emploi adj. Vingt mille hommes de déroute, débandés, démoralisés, épuisés (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Horrible, 1884, p. 241).
Au fig. J'ai hâte d'arriver à ce qui reste de mes vieux projets si souvent débandés, déroutés, débâclés (ALAIN-FOURNIER, Corresp. [avec J. Rivière], 1905, p. 49).
À la forme passive, au fig. Sur la table, les verres, rangés tout à l'heure en flûte de Pan, sont débandés, éparpillés, errants (GONCOURT, Ch. Demailly, 1860, p. 358).
B.— Emploi pronom. Rompre les rangs, se disperser, aller en tous sens. Quand approchait l'enragée coureuses (...) les bêtes craintives se débandaient (MAUPASS., Conte, et nouv., t. 1, Histoire d'une fille de ferme, 1881, p. 34). Le cordon de fantassins fut rompu et se débanda (ROMAINS, Copains, 1913, p. 261) :
« Aussitôt hors de France, on nous signifia à tous qu'il fallait nous dissoudre; (...). Nous nous débandâmes; chacun prit une direction à l'aventure, ... »
LAS CASES, Le Mémorial de Sainte-Hélène, t. 1, 1823, p. 954.
P. ext., plus rare. [Le suj. ne désigne pas une troupe de soldats] Les petits oiseaux (...) se débandent (...) et s'éparpillent au milieu des buissons (PESQUIDOUX, Chez nous, 1923, p. 175). Au centre et au sud du pays, l'UNITA, privée de l'essentiel de l'appui sud-africain, menace de se débander (Le Monde, 5 févr. 1976).
Prononc. et Orth. Cf. débander1. Étymol. et Hist. 1. 1556 pronom. « s'écarter, s'éloigner d'une troupe » (J. DE LA LANDE, trad. de DICTYS DE CRÈTE, L. V, 99 v° ds HUG.); 1592 trans. « écarter (quelqu'un) du gros de la troupe » (Lett. miss. de Henri IV, t. IV, p. 615 ds GDF. Compl.); 2. 1584 trans. « faire fuir en désordre » (DU BARTAS, 2e semaine, Sec. Jour. Les Colonies, p. 246 ds HUG.); 1771 pronom. « se disperser en désordre [en parlant d'une armée] » (Trév.). Dér. de bande2; préf. dé-.
STAT. — Débander1 et 2. Fréq. abs. littér. :129.
DÉR. Débandement, subst. masc. [En parlant princ. des troupes] Action de se débander. Il y eut dans l'armée un débandement général (GATTEL, Nouv. dict. port. lang. fr., 1797). Attesté ds la plupart des dict. gén., avec la mention ,,peu us.`` ds QUILLET 1965. []. Ds Ac. 1762-1932. 1re attest. 1555 [publ. 1606] (DU VILLARS, Mém., VI ds GDF. Compl.); de débander2, suff. -ment1.

1. débander [debɑ̃de] v.
ÉTYM. Fin XIIe; de 1. dé-, et bander. → 1. Bande.
———
I V. tr.
1 Enlever une bande à (qqch.). || Débander une plaie. || Il se débande le bras. || On lui débanda les yeux.
2 (V. 1549). Vieilli. Détendre ce qui est bandé. || Débander un ressort.Pron. || Se débander : se détendre, se relâcher.
Fig. || Se débander l'esprit : se détendre en s'accordant du repos.
———
II V. intr. (1690). Cesser d'être en érection.
1 Que c'est triste Venise. Jean n'en finissait pas de débander. Voulant se conforter, il l'embrassa dans le cou.
Claude Courchay, La vie finira bien par commencer, p. 64.
2 (…) une fille qui me caresse les cheveux en me disant Jeannot Lapin, ça me fait débander (…)
É. Ajar (R. Gary), l'Angoisse du roi Salomon, p. 98.
Fig. Cesser d'être excité, attiré par qqch.
Loc. fig. Fam. Sans débander : sans cesser, sans interrompre son effort.
3 (…) on a maintenu la cadence sans débander pendant deux jours (…)
Cavanna, les Ritals, p. 223.
————————
2. débander [debɑ̃de] v. tr.
ÉTYM. 1556, v. pron.; XVIe; de 1. dé-, 2. bande, et suff. verbal.
Vx. Mettre (une troupe) en désordre, disperser.
1 (…) ces Prussiens aperçurent la brigade russe; sans reprendre haleine, ils la chargent, la débandent et lui arrachent deux bataillons.
Ph.-P. Ségur, Hist. de Napoléon, XII, 8, in Littré.
——————
se débander v. pron.
Rompre les rangs et se disperser soit pour piller, soit pour fuir. || L'armée se débanda devant l'ennemi.
Fig. (Sujet n. de chose). Être dispersé, épars.
1.1 Des chaises dépaillées se débandaient, parmi des chevalets boiteux.
Zola, l'Œuvre, p. 17 (1886).
——————
débandé, ée p. p. adj.
|| Armée, soldats débandés.
2 Pendant plusieurs jours de suite des lambeaux d'armées en déroute avaient traversé la ville. Ce n'était point de la troupe, mais des hordes débandées.
Maupassant, Boule de suif, p. 7.
CONTR. Aligner, former (se), ordonner, rallier, rassembler.
DÉR. Débandade, débandement.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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